Notre troisième motivation concerne la qualité de vie
On exerce le métier d'agriculteur biologique par passion :
- la passion de la nature d'abord : quel bonheur par exemple que de se lever aux à l'aube et que d'assister au réveil de la vie : les oiseaux se faisant la voix, les fleurs offrant le magnifique spectacle de leurs éclosions... Quelle chance aussi que de travailler à l'extérieur par une belle journée de printemps !
- ensuite la passion de l'homme : c'est par amour pour vous que nous produisons des aliments sains , c'est aussi par amour de l'humanité que les écologistes (ou la plupart d'entres eux) s'evertuent à témoigner des blessures durables que l'homme inflige à la Terre. Et c'est aussi pour témoigner d'une autre voie possible que nous exerçons notre noble activité du travail de la terre. Mais, malgré quelques réactions tardives, il devient difficile de rester optimiste quant à l'avenir de l'humanité sur cette planète. Nous l'avons trop souillée ; les décideurs ont mis trop de temps à réagir alors que d'éminents écologistes et scientifiques tirent la sonnette d'alarme depuis des décennies. Et les décisions prises aujourd'hui sont bien loin de ce qu'il faudrait faire pour simplement espèrer inverser la tendance... mais continuons..
- la passion de la vie (qui intègre d'ailleurs les deux premières ) : la vie est courte, il nous faut donc vivre pleinement chaque instant... une vision de la vie à priori en opposition avec un métier exigeant en heures et aux conditions de travail souvent pénible (climat, charges lourdes, positions fatiguantes, contraintes de présence...). Pourtant, pour peu que l'on exerce son travail avec amour, on se surprend parfois à vivre si pleinement son labeur que l'on peut éprouver alors un sentiment de réalisation.
Tout cela n'est possible que dans un contexte bien particulier, celui d'une agriculture à taille humaine...
Le gros céréalier productiviste perché sur son tracteur ne voit plus grand chose de la Vie. Il a de toute façon supprimé les haies et bois, un frein à la course au rendement pour lui, une catastrophe écologique pour d'autres. Il n'éprouve plus aucune fierté à exercer son travail. Il sait qu'il produit un aliment de mauvaise qualité ; mais bon, c'est ce que demande la grande distribution ; ou alors c'est pour les animaux...et puis de toute façon il n'a pas le choix : il lui faut rembourser ses emprunts...
Revenons à une agriculture paysanne,à taille humaine, celle qui rend sa fierté au paysan !
